La forêt de la louve

Hé toi là ! T’es dans ma forêt ! Tu le sais ca ?

Non mais toi, là, Qu’est-ce que tu fais

C’est ma forêt à moi, Dégage de là

De la forêt de la louve, P’tit ver de terre

Petite brindille je vais t’écraser

T’aplatir te fumer

Hé toi là !

T’installe pas, mais qu’est-ce que tu crois ?

Ici c’est le terrain de la louve ce n’est pas pour toi

La terre, elle va t’engloutir

Te bouffer toute crue, toi

Elle m’obéit à moi

Tu sens ce sable mouvant

Tu rapetisses déjà

Voilà, tes doigts sont rocailles tes bras des branches

Hé toi là !

Tu verdis déjà

Tu m’appartiendras, tu verras

Fallait pas, fallait pas

Venir là, voir la louve

Ils ne t’ont pas dit tes parents

Ils ne t’ont pas dit maudit chaperon

Qu’entre toi et moi

C’est à la mort à la louve

Elle n’est pas là ta mère-grand

Elle t’a laissé là

Elle t’a laissé pour moi

Pour la louve, pour la loi

La loi de quoi ?

Mais t’a pas encore compris, toi ?

La loi de la louve, de la forêt

Non ta voix on ne l’entend pas

Non ta loi elle n’existe pas

T’es à moi maintenant

Tu les sens tes poils là, tu les vois

Tu hurles à la lune déjà

Ma p’tite louve, ma p’tite brindille

J’vais te raconter des histoires de forêt

Hé toi là !

Tu cours mais tu reviendras

Tu reviendras ma louve

Tu reviendras la forêt t’appellera

Ne lui résiste pas

Hé toi là !

Pas les crocs, pas là

 

Pas mes veines, ma louve ma reine

louve

rythmique

Je rêve de la pluie sur mes fenêtres qui pianotent la nuit

Je rêve de cette ritournelle qui m’avait retourné la tête

Dans l’eau des flots je jette les grésillements de ton cœur

Derrière l’horizon il y a encore ton regard et tes pas qui s’éloignent

Derrière l’horizon il y a mes propres pas qui dessinent un chemin

Je n’ai pas su lui dire mes rêves, mes musiques sauvages

Dans la forêt de ses bras je me suis enfuie

Dans la forêt de mes mots je me suis enfouie

Les plis de Pierre

Pierre rêve de plis obscurs, de mystères engloutis. Ses nuits sont toujours les mêmes et pourtant toujours différentes.Il marche dans les bois, pour écouter les oiseaux de nuit. Il n’entend que les clapotis de la rivière, comme des milliers de main qui caressent l’eau. La forêt l’accueille, les arbres le berce de leurs respirations lentes et apaisées. Allongé dans l’herbe, il ferme les yeux.

Un bruissement le coupe net, et dans un éboulis de mots, Pierre perds pieds. Son pouls a des suffocations, il sent contre sa peau des frottements, des luttes et des combats. La rocaille a commencé à s’insuffler sus ses veines, à fracasser ses pensées. Pierre Expire ce vacarme, sort sa cuirasse.

Il met très longtemps à s’extirper de ce songe. Comment cela a-t-il commencé ? Il ne se souvient que très peu de ses rêves, si toutefois cela en était un. Il s’est réveillé miraculeusement, une minute avant son alarme, enroulé dans les plis des draps. Le premier pli ressemblait à une falaise, le deuxième aussi. Son lit est un champ de bataille. Par la fenêtre, le soleil peine à se lever. Pierre aime ce ciel entre chien et loup où tout est ombre. La lumière vient peu à peu révéler des mystères et décore le ciel de promesses silencieuses. Il défroisse ses yeux pour chasser le clair-obscur de ses rêves que déjà leurs souvenirs disparaissent.

Aucun mot, aucun son ne vient pour les raconter. Lentement, doucement, Pierre se rapproche de ses pinceaux pour les caresser. Sentir leurs poils doux et soyeux, puis les infuser dans le bleu pour dessiner sur la toile la forêt pleine d’oiseaux de nuit, les clapotis de l’eau et les bruissements de ses songes à peine dissipés. C’est au tour du noir profond de venir danser sur le bleu de ses rêves. Il éparpille, il explique les mystères obscurs de Pierre.

Répéter ce geste, caresser la toile, faire de la couleur une matière à part entière. Le noir prend de plus en plus d’espace, il engloutit Pierre dan un flux et reflux continu. Cet outre-noir qui révèle la lumière, la cache, l’emprisonne pour la rendre à l’œil du spectateur.

Pierre inscrit dans la peinture des plis comme une musique sourde et légère, la malaxe et la fait briller comme de l’or. Ses gestes suivent sa respiration. Le premier pli d’un tableau est souvent frêle, il annonce le rythme et provoque une danse frénétique entre la matière et l’auteur, le souffle et la densité, lutte de la peinture qui cherche à retrouver son calme, assaut du couteau qui cherche la forme. Il cherche dans ses songes la lutte, la musique de ses nuits pour la métamorphose en tableau. Ce n’est que quand il a retrouvé son souffle que son œuvre est terminée. Apaisé, ses craintes s’exposent et le laisse boire son café. Le jour se lève. Pierre va se recoucher.

 

western

Planche faite en cours de dessin de la ville de Paris

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Bauhaus

Munich, 1923

Ma chère Guntä

Il faut absolument que je te raconte la soirée du dragon.
C’était… Fou… Je ne sais pas comment te décrire cette ambiance.
Mais surtout, surtout, cette soirée s’est terminée en illumination. Je ne voyais plus de forme, plus aucun objet, je flottais au milieu des couleurs. J’étais, ou je n’étais pas d’ailleurs.
Comme un élément de ce tout en expansion. Mon corps s’est explosé en mille morceaux, sans douleur, je n’ai fait qu’un avec l’eau, l’air ; moitié nuage moitié brin d’herbe. Mon souffle était colline et mes yeux rivières. Tout se mélangeait. Les couleurs dansaient pour moi, en moi.
Guntä, j’ai rêvé que j’étais ta tapisserie, celle que tu n’as pas achevée. J’étais ou peut-être même je suis ton ébauche et ce sentiment me fait rire. Ma joie irradie paraît-il, dans cette période grave où la joie est prise soit pour de l’inconscience soit pour une carte politique. Je me l’avoue enfin.
Cette tapisserie est mon fil d’Ariane, et il nous conduit loin de ce tumulte, de ces bruits de bottes et de ce noir manteau qui ferme peu à peu toutes les lèvres.
Cette ébauche c’est la Suisse Guntä, ses montagnes vallonnées, ses rivières verdoyantes et végétales, ces couleurs sans aucune trace de noir.
Partir, ce n’est pas toujours fuir Guntä, ce n’est pas forcément les abandonner. Ils nous ont donné la force et aussi la liberté. Nous rayonnerons Guntä et nous irradierons de tous les pays du monde, ils peuvent dynamiter notre école mais jamais son âme. Pas la nôtre Guntä.
Nous avons besoin d’air pur, de nous aérer pour chasser ce sombre et retrouver la pureté de chaque chose. Même ton prénom Guntä est pur.
Là-bas je t’offrirai des couleurs où ta trame pourra se tisser sans nœud, sans heurt ni douleur.
Des roses flamboyants, des rouges éclairs, des jaunes bleu citron à exploser ta rétine. Même les verts seront plus éclatants, gorgés de chlorophylle embués de vie.le blanc même sera une couleur, celle par qui les autres éclatent, dansent, s’exposent.
Que peut-on créer maintenant que notre nom, notre histoire se résume à une étoile ?
Ne vois-tu pas ces points noirs grossir, et grossir tant et si bien qu’ils nous cachent du soleil ?
Nous n’y pouvons plus rien. Et c’est aussi notre utopie qu’il faut sauver. Soit, elle est tubulaire, peut-être même en spirale comme certains de nos professeurs, mais sans elle, que nous reste-t-il ?

Ton wassily.

Texte écrit lors de l’atelier de Laurence Verdier, des ateliers en roue libre

Lors de l’exposition BAUHAUS du Musée des Arts Décoratifs de Paris. Ce texte est librement inspiré d’une oeuvre de Gunta Stölzl mais sans aucun rapport avec sa propre vie. Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Photographie d’une tapisserie présente sur le site textil artist

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Les 24 heures de la bande dessinée

J’ai participé aux 24 heures de la bande dessinée ..

« 463 participants – 103 auteurs professionnels, 187 étudiants des écoles d’art et 173 amateurs – doivent réaliser au cours des 24 h à venir 24 planches de bande dessinée en 24 heures, soit 1 page de couverture, 22 pages de bande dessinée et 1 page de 4e de couverture, à partir de la contrainte suivante, annoncée à 15h, et tirée au sort parmi 36 combinaisons :

L’histoire doit mettre en scène un super héros farceur ou une super héroïne farceuse. »

C’est un peu ma 1ere BD, un vrai test grandeur nature !

Pour visionner toutes les planches, c’est par ici !

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Danses dessinées à deux mains

BD du mardi….2017

Bande dessinée : dialogue et ancrage 

Murs peints Mexicains

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Photos prises à Bacalar, Cancun et Holbox.

Galerie

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