ENTRE DEUX RIVES

Mon navire est entre deux rives

bringuebalé entre la seine et mer

mon livre s’inspire du chaos ivre

des tripes, de mon sang et de ma chair

de ma rage, de mes peurs entre deux rives

une carte du tendre, du tendron, du filtre à aire

du fil à couper le beurre, la bière, la mère

d’un pays écartelé entre livre, bateau ivre et Tananarive

Mon coeur est entre deux rives

ne reconnaissant plus son port

plus d’attache, plus d’état, plus de châ

mon coeur se lave de la pluie de Paris

se lève au soleil de la vie.

 

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire paraît-il

paraît-il il a bon dos, paraît il c’est qui d’abord ?

y en a marre de l’adversité

des montagnes à monter et descendre

y a en marre des périls

Je veux bien me dépasser

encore faut il que mon ombre me suive

pour me libérer…

Et mon ombre, elle a peur, elle se tapie

dans des erreurs, dans des deux dans des eux dans des euh…

Déboussolée mon ombre elle ne sait plus où est sa place

sa prise son prisme son truisme

Dans tout ça, il est où le calme, la luxure et la volupté ???

J’doute

mon doute n’est pas doux

Mon pouls n’est pas mou

mon moi est au dessous

mon surmoi dans le doubs

et ça, c’est pas moi c’est mon moi

va falloir l’enrober de monoï, l’isoler

soigner cela, ca se guérit ça ?

J’AI LA PASSION

pas de st jean non,

j’ai la passion, pas de saint mathieu, non plus

j’suis passionnée, amoureuse fou, je dois l’avouer

d’un truc honteux, d’un truc cochon, mais ce n’est pas ce que vous croyez

Moi, j’ai la passion de la rilette dans le sang

j’veux toutes les goûter, les savourer, les déguster

sur du bon pain, ca va sans dire, Emile,

faut l’faire griller, pas vrai André,

agrémentée de cornichon, c’est sûr Gaston

On dit Monsieur Geston, siouplaît.

frigidaire

Où se défaire de son frigidaire, de son armoire à cuillère

pour l’evier en fer, on verra la semaine prochaine

vider sa maison son ont sa possession

devenir un sdf sans domicile fixe

nomade avec des cartons

Vider sans se vider, vider sans s’oublier

Vider et s’alleger..Ah les temps modernes !

C’est en se dépassant qu’on se libère

me susurre Andrée Putman, son crayon collée à mon oreille

en passant chez dédé j’ai trouvé un livre qui fait rêver

en relisant Maupassant j’ai reveillé le guy

sans ses pas que serait un passant ? un passant libre peut être,

un passant livre sûrement…

Se dépasser serait-ce marcher plus vite que son ombre ?

Gagner des centimètres sur sa toise intérieure ?

Se libère de quoi Andrée ????

Se libèrer de soi, de soi, ca va de soi…

Le jour avant le bonheur

“Elle est belle la nuit, notre ville. Elle est pleine de danger, mais aussi de liberté. Les sans-sommeil, les artistes, les assassins, les joueurs y déambulent, les bistrots, les snacks, les cafés sont ouverts. On se salue, on se connaît, entre ceux qui vivent la nuit. Les gens se pardonnent leurs vices. la lumière du jour accuse, l’obscurité de la nuit donne l’absolution.”

Sublime Erri De Lucca

Demain

Est

Le

Premier

Jour

De

Ta

Nouvelle

Vie

Dans la tente de vous rencontrer…

J’ai l’estomac qui fait des tourner-boulets

J’ai le cerveau plus qu’enfumé

J’ai ma vie dans cette tente tendue

Autruche à la tête plantée dans le frigo

D’en l’attendu le temps est distendu

Ne pas oser, c’est déjà perdre

me dit Andrée Putman, à travers son crayon à papier

Ne pas oser, ce n’est pas vivre, vivre vraiment ?

Ne pas oser, c’est s’enfermer, se barriquader, s’auto-étouffer

Osez, osez  taraudait la josephine de Bashung, soyez ma muse

Etre son auto-muse, son auto-ose pour être en osmose

On ne se libère qu’en se dépassant me sussurre encore Andrée

Rien ne s’oppose à la nuit, rien ne justifie

Il est vrai que la nuit est conseillère,

La nuit masque les embuches et fait des envies des rêves

La nuit fait de beaux jours, la nuit ça libère même les rebelles

Alors appliquons, appliquons…

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